Le feu d'artifice du 14 juillet vient d'illuminer le ciel de la petite ville grise. La fraicheur de ce mois de juillet revient en sursaut. La fête est finie.
Dans les bras l'un de l'autre, deux amoureux se dirigent vers la sortie, rêvant en secret de rejoindre leur nid d'amour. Ils empruntent un chemin dérobé, pensant assouvir au plus vite leurs envies d'étreinte.
Il fait noir, mais sur ce passage, les lampadaires vifs manifestent leur avidité de voyeurisme. Peu de gens connaissent cette voie, aussi difficile soit-elle. Mais pourtant les amoureux constatent qu'à quelques mètres, deux personnes s'apprêtent à les croiser. La distance entre les 4 personnes diminue dans un silence de plomb. La fraicheur se nomme dorénavant froideur.
Les 4 individus se regardent brièvement, se fixent en cachette, s'apprivoisent le temps de quelques secondes. Pas un mot. Pas un geste. Ils se sont simplement croisés, sans doute frôlés. Rien de plus. Rien de moins.
Le temps normal a repris son cours. Les deux amoureux s'éloignent dans le noir. Les deux autres individus ont continué à s'engloutir dans cette fête rurale.
Pourtant ces 4 personnes se connaissent par coeur. Et ont lié durant plusieurs années des liens les plus forts. Certains d'entre eux se sont aimés pendant longtemps, considérant encore à ce jour être respectivement leur premier amour. D'autres ont été les meilleurs amis du monde, goûtant leur adolescence à travers les rires et la complicité.
Ces 4 personnes se connaissent par coeur. Mais ce soir, ils ne sont que de parfaits inconnus, des étrangers parmi la foule. Ce soir, les souvenirs ont été vaincus face aux perspectives d'avenir. Il n'en est plus rien. De ces années passées.